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đŸ—žïž Les Echos Week-End, novembre 2015 → DĂ©fiscaliser son impĂŽt sur le revenu



Comment se retrouver dans le maquis des offres d’investissement dĂ©fiscalisant ?


Comme un patient irait consulter son médecin, Les Echos Week-End ont poussé la porte du cabinet de six conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) parmi les meilleurs du marché.


Avec en tĂȘte une question « simple », quoiqu’un brin angoissante : que faire pour soigner ce dĂ©but d’allergie fiscale qui dĂ©mange, Ă  en croire les sondages, des millions de Français ? Leur diagnostic est, comme on dit des grands malades, pessimiste.


Aucun d’entre eux n’a sorti son carnet d’ordonnances pour griffonner un traitement miracle Ă  base de FCPI, de FIP, de Sofica, de Pinel et autres PERP. Aucun de ces mandarins du placement n’a ouvert l’armoire Ă  pharmacie en promettant, aprĂšs absorption de quelques remĂšdes plus ou moins reconnus par leur mĂ©decine, la disparition des symptĂŽmes allergiques. Pas mĂȘme un petit Girardin



« Je me mĂ©fie beaucoup du terme de dĂ©fiscalisation », avertit JĂ©rĂŽme Jambert, conseiller prĂšs de Tourcoing. Ces experts, pourtant, perçoivent bien la puissance du sentiment d’overdose fiscale. « Quelle que soit la classe sociale, le choc de la rĂ©ception des avis d’imposition au retour de l’étĂ© est toujours dur Ă  vivre. En toute objectivitĂ©, l’impĂŽt peut devenir quasi confiscatoire et la dĂ©fiscalisation ne peut alors que faire mouche », constate le Toulonnais Pascal Jouve annĂ©es aprĂšs annĂ©es.
Certes, certaines « rustines » de derniĂšre minute peuvent faire baisser la note finale. Mais tout l’art de la gestion de patrimoine rĂ©side le plus souvent dans l’anticipation, l’optimisation de ses actifs et une dĂ©fiscalisation rĂ©flĂ©chie qu’aucun miroir aux alouettes ne peut tromper.



SOIGNER « L’ASSISE » DE SES INVESTISSEMENTS

Yves Gambart de LigniĂšres est formel : « La carotte fiscale n’a aucun intĂ©rĂȘt en soi, ce qui compte avant tout c’est l’assise Ă©conomique de l’investissement, sa rentabilitĂ© espĂ©rĂ©e et sa pĂ©rennitĂ©. » Il est frĂ©quent que l’économie d’impĂŽt, aussi substantielle qu’elle puisse ĂȘtre, soit au bout du compte mangĂ©e par les pertes financiĂšres constatĂ©es au final. Le jugement de cet expert est plutĂŽt radical : les dix solutions de dĂ©fiscalisation Ă©tudiĂ©es sont, au final, assez peu sĂ©duisantes compte tenu des contraintes Ă©normes supportĂ©es en contrepartie. « On ne fait pas du Pinel (immobilier neuf destinĂ© Ă  la location) pour baisser ses impĂŽts avec 150 000 Ă  200 000 euros investis, c’est de la folie, le gain potentiel est ridicule. TrĂšs souvent vous perdrez largement plus Ă  la sortie en raison de l’écart de prix entre le neuf et l’ancien ».


RĂšgle d’or, donc : bien faire la part entre le gain immĂ©diat en impĂŽt et le risque financier diffĂ©rĂ© endossé !
JĂ©rĂŽme Jambert insiste lui aussi : « Les solutions de dĂ©fiscalisation sont fortement chargĂ©es en frais avec un rĂ©sultat rĂ©el qui peut ĂȘtre nul voire nĂ©gatif. » Or bien souvent l’investisseur est obsĂ©dĂ© par la rĂ©duction d’impĂŽt, remarquent Ă  l’unisson nos experts, obsession qui a fait le lit d’un vĂ©ritable « écosystĂšme de la dĂ©fiscalisation » pas toujours reluisant. L’investissement dans les Dom-Tom (en Girardin), par exemple, a suscitĂ© quelques belles arnaques. « 80% des opĂ©rateurs ne sont pas sĂ©rieux », confie Yves Gambart de LigniĂšres, quand bien mĂȘme il reste un fervent partisan de l’investissement outre-mer. Parce que chez les 20% restants, sĂ©rieux, « on peut avoir de trĂšs bonnes rentabilitĂ©s », dit-il.



GOMMER LES RESSOURCES IMPOSABLES

« Le premier rĂ©flexe avant de parler rĂ©duction d’impĂŽt est d’étudier avec le client les moyens de baisser ses sources de revenus imposables ». La remarque du Vannetais Yves Gambart de LigniĂšres pourrait passer pour une lapalissade. Il n’en est rien. Elle pose en fait la question cruciale du mode de dĂ©tention des actifs professionnels, immobiliers et financiers.
Contrairement aux rĂ©ductions d’impĂŽt qui permettent une ristourne Ă©quivalente pour tous, le PERP autorise une dĂ©duction sur les revenus dont l’impact est liĂ© au taux personnel d’imposition. L’économie, quasi nulle pour les revenus modestes, devient considĂ©rable pour les hauts revenus imposables Ă  41 ou 45%. Revers de la mĂ©daille : le PERP dĂ©bouche sur une rente Ă  vie, comme une pension. La loi permet toutefois de rĂ©cupĂ©rer 20% du capital acquis. Et 100% dans certains cas, comme le dĂ©blocage Ă  l’expiration des droits au chĂŽmage aprĂšs licenciement ou pour financer l’achat de sa rĂ©sidence principale aprĂšs au moins deux ans de location avant la retraite.



 « la majoritĂ© des contrats PERP sur le marchĂ© sont de piĂštre qualité ». « Je dirais 95% », surenchĂ©rit Yves Gambart de LigniĂšres, qui dĂ©plore trop de frais de gestion, des fonds maison peu performants, des conditions floues. Que prĂ©voit par exemple le contrat en cas de dĂ©cĂšs prĂ©maturĂ© du souscripteur ? Ou pour la rĂ©version de la rente ? Le « Madelin », autre solution de retraite par capitalisation comme le PERP mais rĂ©servĂ© aux chefs d’entreprise, est encore fiscalement plus efficace. Mais lĂ  encore, pas facile de trouver le bon assureur ! Et un inconvĂ©nient : le souscripteur doit faire des versements rĂ©guliers.




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