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đŸ—žïž Argent et patrimoine, janvier 2012 → Interview


Est-ce intĂ©ressant d’investir en Bourse actuellement ? Comment rĂ©duire les risques ?


En ce qui concerne les actions, avec par exemple un CAC 40 Ă  2.800 points, les valorisations de certaines sociĂ©tĂ©s sont devenues trĂšs attrayantes... Le souci actuel rĂ©side dans le fait que la plupart des intervenants s’attardent sur des considĂ©rations macroĂ©conomiques (croissance, endettement, chĂŽmage...) et peu sur les facteurs microĂ©conomiques des sociĂ©tĂ©s (ratio bĂ©nĂ©fice par action, capitaux propres, rĂ©sultat d’exploitation...). Pour diminuer le risque tout en ayant un pied dans les actions, l’investisseur pourra s’intĂ©resser aux fonds flexibles et rĂ©actifs qui offrent aux gĂ©rants la libertĂ© d’ĂȘtre plus ou moins exposĂ©s aux actions. Les approches type Long Short oĂč le gĂ©rant achĂšte un titre pour X euro tout en vendant par exemple, pour la mĂȘme somme, son indice sectoriel afin de jouer la sur-performance de cette sociĂ©tĂ© peut s’avĂ©rer, Ă©galement, pertinent dans des marchĂ©s qui restent trĂšs volatils.


Que penser des obligations ?

Il me semble trop audacieux de jouer les dettes souveraines des pays dĂ©veloppĂ©s (États-Unis compris) mais, pour un investisseur acceptant un peu de risque, certaines obligations d’entreprises – surtout si elles sont conservĂ©es jusqu’à leur Ă©chĂ©ance –sont sĂ©duisantes. Plusieurs sociĂ©tĂ©s de gestion commercialisent, Ă©galement, de tels fonds investis sur des entreprises de pays Ă©mergents. Il peut, Ă©galement, ĂȘtre opportun de revenir, Ă  petite dose, sur les obligations convertibles.


Et des assurances-vie, qui parfois contiennent des obligations ?

Il faut ĂȘtre vigilant sur la composition des supports euros et, notamment, Ă  leur exposition aux dettes des PIIGS (Portugal, Irlande, Italie, GrĂšce et Espagne) et aux marchĂ©s actions... mais si l’on Ă©carte quelques assureurs, je n’ai pas de rĂ©elles inquiĂ©tudes. Les plus frileux prĂ©fĂ©reront les contrats d’assurance-vie luxembourgeois dont les rĂšgles prudentielles sont plus protectrices.


Quel placement financier défiscalisant reste attrayant ?

Sur la dĂ©fiscalisation de l’impĂŽt sur le revenu, je ne conseille pas les investissements en immobilier d’habitation (Scellier, Girardin...) dont les niveaux de valorisation me semblent, bien souvent, trop Ă©levĂ©s. Le contribuable qui souhaite jouer l’ effet de levier de l’endettement et la dĂ©ductibilitĂ© des intĂ©rĂȘts d’emprunt pourra s’intĂ©resser au rĂ©gime Censi-Bouvard qui s’applique Ă  certaines rĂ©sidences acquises sous le rĂ©gime LMNP (loueur en meublĂ© non professionnel)... mais il faut ĂȘtre vigilant sur l’emplacement, le bail, le prix et, surtout, la qualitĂ© de l’exploitant. On peut citer, Ă©galement, la Girardin industrielle qui permet de dĂ©fiscaliser en annĂ©e N+1 avec un apport de l’ordre de 80% et, notamment, celle assise sur le logement social qui nous semble relativement peu risquĂ©e.


Conseillez-vous l’investissement dans les PME ?

Je prĂ©fĂšre conseiller l’investissement en PME en direct ou via des holdings, des FIP ou des FCPI dans le cadre de la loi TEPA ISF car le contribuable peut bĂ©nĂ©ficier d’une rĂ©duction ISF allant jusqu’à 50% de son investissement plafonnĂ©e Ă  45.000 €... alors qu’au titre de l’impĂŽt sur le revenu, ce mĂȘme investissement n’offre que 22% de rĂ©duction. Mais, lĂ  encore, le choix du gestionnaire est primordial. Il peut y avoir beaucoup de casse surtout dans la conjoncture actuelle.


Quelles sont les consĂ©quences de l’annonce de la fin du dispositif Scellier pour 2012 ?

Si vous pensez Ă  la rĂ©percussion sur les prix dans le neuf, il est difficile de rĂ©pondre sachant que la part des investisseurs dans le neuf est de l’ordre de 60%. Le moindre intĂ©rĂȘt fiscal du Scellier en 2011 et sa disparition en 2012 devraient donc faire fuir les investisseurs vers d’autres rĂ©gimes fiscaux et, en mĂȘme temps, on assiste Ă  des tensions dans le prix du foncier en raison de la pĂ©nurie des droits Ă  bĂątir qui pourraient maintenir, notamment en Île-de-France, les prix du neuf Ă  des prix encore Ă©levĂ©s.


Les Français ont plĂ©biscitĂ© les SCPI. À qui se destinent ces placements «pierre-papier» ?

Les SCPI permettent d’investir, Ă  partir de quelques centaines ou milliers d’euros, en immobilier rĂ©sidentiel, en bureaux, en commerces... Elles permettent, donc, une rĂ©elle mutualisation du risque grĂące Ă  la diversification de leur portefeuille et de locataires. Elles s’adressent, aussi, Ă  des investisseurs souhaitant s’exonĂ©rer des soucis de gestion tout en Ă©tant exposĂ©s Ă  ce type d’actif afin de percevoir des revenus complĂ©mentaires (indexĂ©s) et/ou une revalorisation du capital, avec ou sans effet de levier de l’endettement.


Vers quel(s) investissement(s) immobilier(s) se tourner ?

Si l’on Ă©carte l’immobilier rĂ©sidentiel qui semble bien cher, on peut s’intĂ©resser aux bureaux et commerces et Ă  certaines rĂ©sidences LMNP en contractant, si l’on fait le pari d’un retour de l’inflation d’ici 4 Ă  5 ans, un emprunt pour financer ces acquisitions.


Quel est l’impact des annonces rĂ©centes sur les placements immobiliers et financiers ?

On assiste Ă  un alourdissement de la taxation des revenus (taux de prĂ©lĂšvement sur les dividendes en hausse, contribution exceptionnelle de 3 ou 4% pour les hauts revenus...), de celle des plus-values (allongement de l’exonĂ©ration des plus-values immobiliĂšres de 15 Ă  30 ans, quasi disparation de l’exonĂ©ration des plus-values mobiliĂšres pour les titres dĂ©tenus de plus de 8 ans...), Ă  une hausse des prĂ©lĂšvements sociaux (13,5% au lieu de 12,3) et, vraisemblablement, Ă  une imposition plus forte des successions. C'est pourquoi plus qu’ avant, il faut d’abord s’attarder sur la qualitĂ© intrinsĂšque d’un bien immobilier ou financier avant de rĂ©flĂ©chir Ă  son environnement fiscal (mode de dĂ©tention, rĂ©gime rĂ©el ou dĂ©rogatoire, enveloppe fiscale...).


Le dispositif « monument historique » est-il avantageux ?

Le monument historique, pour l’investisseur Ă  la recherche de dĂ©fiscalisation, permet de dĂ©duire de nombreuses dĂ©penses de son revenu foncier, Ă  dĂ©faut de son revenu global. Ce rĂ©gime, rĂ©servĂ© aux contribuables avisĂ©s, n’est soumis Ă  aucun plafonnement, ni Ă  celui des niches fiscales. Le propriĂ©taire qui occupe le monument historique bĂ©nĂ©ficie d’une dĂ©duction des dĂ©penses plus ou moins importante selon que le bien est ouvert ou non Ă  la visite, qu’il procure des recettes et selon qu'il est classĂ©, qu’il bĂ©nĂ©ficie du label de la Fondation du patrimoine et/ou que les travaux sont subventionnĂ©s.


Quel public est concerné par les avantages fiscaux liés au développement durable ?

Les crĂ©dits d’impĂŽt liĂ©s au dĂ©veloppement durable concernent le propriĂ©taire, le locataire, l’usufruitier ou l’occupant Ă  titre gratuit, qui supporte des dĂ©penses d’équipement. Ces dĂ©penses sont, par exemple, l’acquisition d’une chaudiĂšre Ă  condensation, de matĂ©riaux d’isolation thermique des parois vitrĂ©es ou opaques, d’appareils de rĂ©gulation de chauffage...Dans la limite de 8.000 € de dĂ©penses pour un cĂ©libataire ou 16.000 € pour un couple sur 5 annĂ©es consĂ©cutives (+ 400 € par personne Ă  charge), elles offrent un crĂ©dit d’impĂŽt de 13 Ă  45% selon les cas.


Quels seront les placements de demain ?

Il me semble que les placements qui resteront pertinents dans le futur sont ceux dont l’assise Ă©conomique est rĂ©elle et non liĂ©e Ă  un lobbying.


Propos recueillis par HĂ©lĂšne Lepelletier



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